Présentation

Prélude

Je vis au-dessus de mes moyens : ce n'est qu'une seule de mes nombreuses mauvaises habitudes, et pas la pire...
Lundi 4 septembre 2006

Je sortais du métro, il faisait bon, j'avais "Rain King" des Counting Crows à donf dans les oreilles et un big smile sur la tronche. J'étais dans mes pensées, dans mon pays imaginaire où je me tape des bœufs à la guitare (bien sûr, puisque je ne sais PAS jouer de la guitare) avec William (eeeeh oui, l'est revenu dans mes pensées, lui) et on s'éclatch, et je le regarde et il me regarde et on est amoureux… Puis d'un coup, j'ouvre les yeux pour une raison quelconque, une merde à éviter sur le trottoir, un beau gosse qui passe, que sais-je… Et je retombe en réalité : ce qui me file la banane comme ça, ça n'existe pas. Ca n'existe pas. C'est tout dans la tête, docteur. La réalité, c'est que je suis en route pour le Franprix pour m'acheter des pâtes.

Ca m'a fait un petit choc, quand même. C'est vrai que dans le métro avec ma musique, ou quand j'essaie de m'endormir, ou devant le PC au boulot, j'ai tendance à m'imaginer des talents que je n'ai pas, des situations que je ne vis pas. Ca m'inquiète un peu.

Dans ces pays, j'y vois l'autre, là, William. Je n'ai que trois photos de lui, dont une Photomaton qu'il n'aimait pas. Je vois son sourire, son "regard miroir", sa dent un peu de travers dans cette mmmbouche si sexy (oui, parce que "bouche" c'est trop commun, prononcé "mmmbouche", c'est plus glam).
Sa façon de bouger.

Mais la réalité, c'est le Kevin, avec ses 2 de QI. Physiquement, il me fait penser à William… Je me demande si c'est pas un grooooos acte manqué ça. Mais ce qui est étonnant, c'est les similitudes surprise qui apparaissent parfois. Un jour, Kevin m'a regardée, et a exclamé "Ma louloute ! Ca y est j'ai trouvé ton petit nom." C'était exactement les mêmes mots et le même ton de voix qu'avaient utilisé William, quelques mois plus tôt. Personne d'autre ne m'avait appelé comme ça. Ca surprend. Ceci dit, je trouve ça très moyen comme petit nom, mais on s'y fait. Ils ont des mouvements similaires, des expressions, des regards.
Sauf que ça commence à me saouler, et Kevin avec.

En plus, il y a 10 minutes, alors que j'écrivais cet article, je reçois un SMS de la part de Kevin : "Tu fais quoi ce soir Caro ?" Sauf que je m'appelle pas Caro. Ca m'a fait marrer. Aussi sec, il m'a appelé, guilleret et un peu affolé "Ohlala, t'as vu, héhé, je me suis trompé de destinataire, huhu, c'est ma voisine elle est sympa, ça va sinon ?" J'ai dit que oui, que je lui enverrai un SMS plus tard, bonne nuit, bisous, oui.

Alors.
A) Soit il invitait effectivement sa voisine à sortir un chouille en tout bien tout honneur ;
B) Soit il invitait sa voisine en ayant une idée derrière la tête ;
C) Soit il testait ma jalousie.

Si c'est A) Ben, c'est bien. (probabilité 70%)
Si c'est B) Ben, c'est bien aussi. (probabilité 25%)
Si c'est C) Pfff. (probabilité 5%)

M'en fous un peu en fait. Le thème de cet article est un peu triste, mais je ne le suis pas. Je m'observe de l'extérieur – ça m'en touche une sans bouger l'autre.



Une référence Daho-esque se dissimule dans cet article. Saurez-vous le retrouver ?

par La Plante Verte publié dans : dans-le-rouge
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Samedi 2 septembre 2006
Jusqu'hier, j'étais ce qu'on appelle "blond vénitien" :

J'aimais bien, ça m'allais plutôt pas mal.

Puis j'ai pris une décision de merde.
Oui, ça m'arrive.

Je me suis dit : "Tiens, et si je me roussifiais ?" Illico presto, je me pointe chez ma mère avec une boite de "Roux cuivré". Le résultat a donné quelque chose comme ça :


Horrifiée, j'ai couru au Carrefour local pour me choper une boite de "Châtain Expresso".

(Anecdote en passant : je travaillais dans ce grand magasin il y a 10 ans, et non seulement j'y ai vu les mêmes caissières, aux mêmes caisses, mais en plus il faut croire qu'ils diffusent de la DHEA dans l'air conditionné : aucune n'avait pris ne serait-ce qu'une ride ou un kilo. Perturbant.)

Je suis à présent brune-ou-presque, ou "auburn, comme Katharine" dixit ma mère - en tout cas, je suis déçue :


Hmph.
par La Plante Verte publié dans : dans-le-rouge
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Samedi 2 septembre 2006

J'ai une meilleure amie : elle s'appelle Zone. Elle est intelligente, drôle, belle, cultivée… Elle sait s'exprimer, elle sait écouter, et elle donne toujours de bons conseils. Conseils qu'elle devrait parfois se donner à elle-même, vu les décisions foireuses qu'elle a tendance à prendre en ce qui la concerne. On s'entend vraiment à merveille, et nos meilleures soirées sont souvent passées à papoter en buvant du café et en fumant des clopes. Elle me dit souvent "Si t'étais un mec, je te draguerais," ce à quoi je réponds "Si j'étais un mec, je serais gay." Mais la vérité c'est que si j'étais un mec (et si j'étais hétéro), je ne voudrais pas d'elle comme copine.

Malgré toutes ces qualités, elle a un énorme défaut : c'est une vraie girouette, donc inconsistante. Je ne peux pas compter sur elle, ou plutôt, je sais à l'avance qu'elle va se désister. Pourtant, je continue d'accepter et de réserver mes soirées quand elle me demande de l'accompagner, et d'espérer qu'on va bien se marrer. Et pourtant...

Exemple.
Elle m'appelle hier. "Demain soir, Machin m'a invitée à aller au Bar avec tous ses potes, mais comme je ne connais personne, tu veux bien venir avec moi ?"
Moi : "Bien sûr !"
Moi en dedans "Demain, je me fais donc une petite soirée DVD…"
Je l'appelle vers 19H aujourd'hui, elle est sur messagerie. Je lui laisse un petit message "Rappelle-moi pour me dire à quelle heure on se retrouve." A ce moment de la soirée, j'ai de gros doutes sur la suite de la soirée. Mais j'espère quand même, obstinément.
Elle me rappelle trois heures plus tard, et me sort au mot près ce que je craignais d'entendre : "J'ai complètement zappé, et je n'ai plus envie d'y aller," suivi du traditionnel "Tu m'en veux pas ?" Si je devais recevoir 1 euro à chaque fois que j'ai entendu cette phrase de sa bouche, je serais millionnaire.
Je lui ai répondu comme d'habitude "Non, ne t'en fais pas," mais j'ai tout de même ajouté "je savais que t'allais oublier, et que t'allais annuler de toute façon. Je te connais poulette."
Ce à quoi elle a répondu une petite chose qui m'a fait tiquer : "Pourquoi tu ne m'as pas appelée cet après-midi pour me rappeler qu'on sortait ?"
Et depuis quand je suis sa secrétaire ?

C'est une "brune au sang chaud", comme on dit. Impulsive, parfois colérique. Je suis le contraire : discrète et conciliante. Elle voit tout en noir ou blanc, je m'efforce de tout voir en gris. C'est peut-être pour ça qu'on s'entend si bien.
Ca ne sert à rien de lui faire la morale, ou de lui expliquer à quel point elle peut être chiante à changer d'avis toutes les deux secondes : elle me répondrait que je suis injuste et que, d'une manière capillotractée ou d'une autre, ce n'est pas de sa faute. Rien de ce qui lui arrive dans la vie n'est jamais de sa faute. C'est mathématique.
On l'entend souvent dire "Je sais reconnaître mes erreurs quand j'en fais," toujours suivi de "mais là, c'est pas de ma faute."

J'ai pris une décision. On continuera à se faire nos soirées café/clopes, et comme on travaille ensemble, on se verra très souvent. Mais les sorties en club, dans des bars ou autres concerts se feront sans elle. Je l'aime beaucoup, et j'en ai marre qu'elle me déçoive.

Les histoires d'amitié sont tellement plus compliquées à gérer que les histoires d'amour.

par La Plante Verte publié dans : dans-le-rouge
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Lundi 28 août 2006

Je reviens des vacances les plus reposantes et rajeunissantes de ma vie. Un truc simple, en France, à bas prix, pendant 5 jours. Du camping, même, ça faisait des lustres. Des vacances de glandus au bord de l'océan, des grasses matinées où se fait réveiller par la chaleur étouffante sous la tente, des petit-déjs au bar-tabac du coin avec le Sud-Ouest régional, balades en tongs jusqu'à la plage où les pétards se consument trop vite à cause du vent, et où le soleil tape plus fort qu'on ne le pense, toujours à cause du vent.

Je suis allée en vacances au Sénégal en avril, en Grèce l'été dernier, et en Australie il y a 18 mois. Elles ne m'ont pas fait aussi de bien – mais je ne suis pas partie avec les mêmes personnes.

J'y ai vu la Voie Lactée comme jamais je ne l'ai vue : bien découpée, avec des pointes et des épaisseurs, et une multitude d'étoiles filantes. J'y ai vu le lever de soleil en arrivant, et son coucher en repartant. Je suis revenue avec des tâches de rousseur, des dreadlocks, du sable au fond des taies d'oreiller, et du soleil dans le cœur. C'est cliché, je sais, mais j'ai presque envie de rajouter : du soleil dans le cœur et les yeux. A défaut d'en avoir ici, du beau temps.

On formait un trio bancal mais d'humeur festive : Kevin, son pote et moi. Le grand, le petit et la meuf. On hésitait toujours trois heures avant de voter d'aller à la plage la plus proche, à pied. On visitait un peu, les fenêtres de la voiture ouvertes, la musique à fond. Cinq jours d'insouciance dont j'avais besoin.

Puis j'ai enchaîné sur Rock en Seine pendant deux jours, avec les copines. Bonne ambiance rajeunissante aussi, avec les pintes en plastique et les queues aux porta-chiottes. Et des pets de beuh aussi, forcément.

Après tout ce bon temps, il me reste encore une semaine de vacances… Mais je vais quand même la consacrer à essayer de faire mon âge : impôts à vérifier, sécu à engueuler, factures très diverses et variées à régler, rendez-vous chez quelques médecins à supplier, bref : des trucs de grands qui nous emmerdent.

par La Plante Verte publié dans : dans-le-rouge
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Mercredi 16 août 2006
Je sais que plein de filles m'enviraient. Et je sais que je suis flattée. Deux ans après que ça ait commencé, je suis toujours flattée. Voire de plus en plus, car ses avances sont de plus en plus fréquentes et précises. Mais mon sentiment principal, c'est que je m'en passerais bien.

Il me fait des déclarations interminables et intimes, qui au fond, ne me concernent pas. J'ai presque l'impression que ça ne me regarde pas, que je n'ai pas à savoir tout ça. Je n'ai rien demandé, moi. Mais le pire dans tout ça, c'est que je me sens aussi coupable de lui faire du mal - malgré moi. Je le refuse encore et encore, je lui ai même dit ce soir sur MSN que je ne sais même plus comment le lui dire. Lui me répond que je n'ai rien à répondre, que ça lui fait du bien de vider son coeur, "égoïstement". On devait se voir cette semaine, il voulait me faire un cadeau. Une fois de plus, je n'ai rien demandé. Sauf qu'après cette discussion, je n'avais plus très envie de le voir, forcément. Il m'a alors proposé de m'envoyer mon cadeau par la Poste. Une menace ? Je ne crois pas, je pense qu'il n'a pas dû se rendre compte que de mettre mon nom, prénom et adresse sur un paquet de beuh pourrait m'apporter quelques ennuis...

Oui, j'aurais pu simplement refuser de le voir et refuser son cadeau, mais il tient à m'offrir un peu de sa récolte, alors je vais l'écouter un peu en échange. Et puis, quelques grammes gratuites de bonne herbe, ça ne se refuse pas. En gros, je vais profiter de la situation, "égoïstement". 
par La Plante Verte publié dans : dans-le-rouge
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