Je sortais du métro, il faisait bon, j'avais "Rain King" des Counting Crows à donf dans les oreilles et un big smile sur la tronche. J'étais dans mes pensées, dans mon pays imaginaire où je me tape des bœufs à la guitare (bien sûr, puisque je ne sais PAS jouer de la guitare) avec William (eeeeh oui, l'est revenu dans mes pensées, lui) et on s'éclatch, et je le regarde et il me regarde et on est amoureux… Puis d'un coup, j'ouvre les yeux pour une raison quelconque, une merde à éviter sur le trottoir, un beau gosse qui passe, que sais-je… Et je retombe en réalité : ce qui me file la banane comme ça, ça n'existe pas. Ca n'existe pas. C'est tout dans la tête, docteur. La réalité, c'est que je suis en route pour le Franprix pour m'acheter des pâtes.
Ca m'a fait un petit choc, quand même. C'est vrai que dans le métro avec ma musique, ou quand j'essaie de m'endormir, ou devant le PC au boulot, j'ai tendance à m'imaginer des talents que je n'ai pas, des situations que je ne vis pas. Ca m'inquiète un peu.
Dans ces pays, j'y vois l'autre, là, William. Je n'ai que trois photos de lui, dont une Photomaton qu'il n'aimait pas. Je vois son sourire, son "regard miroir", sa dent un peu de travers dans cette mmmbouche si sexy (oui, parce que "bouche" c'est trop commun, prononcé "mmmbouche", c'est plus glam).
Sa façon de bouger.
Mais la réalité, c'est le Kevin, avec ses 2 de QI. Physiquement, il me fait penser à William… Je me demande si c'est pas un grooooos acte manqué ça. Mais ce qui est étonnant, c'est les similitudes surprise qui apparaissent parfois. Un jour, Kevin m'a regardée, et a exclamé "Ma louloute ! Ca y est j'ai trouvé ton petit nom." C'était exactement les mêmes mots et le même ton de voix qu'avaient utilisé William, quelques mois plus tôt. Personne d'autre ne m'avait appelé comme ça. Ca surprend. Ceci dit, je trouve ça très moyen comme petit nom, mais on s'y fait. Ils ont des mouvements similaires, des expressions, des regards.
Sauf que ça commence à me saouler, et Kevin avec.
En plus, il y a 10 minutes, alors que j'écrivais cet article, je reçois un SMS de la part de Kevin : "Tu fais quoi ce soir Caro ?" Sauf que je m'appelle pas Caro. Ca m'a fait marrer. Aussi sec, il m'a appelé, guilleret et un peu affolé "Ohlala, t'as vu, héhé, je me suis trompé de destinataire, huhu, c'est ma voisine elle est sympa, ça va sinon ?" J'ai dit que oui, que je lui enverrai un SMS plus tard, bonne nuit, bisous, oui.
Alors.
A) Soit il invitait effectivement sa voisine à sortir un chouille en tout bien tout honneur ;
B) Soit il invitait sa voisine en ayant une idée derrière la tête ;
C) Soit il testait ma jalousie.
Si c'est A) Ben, c'est bien. (probabilité 70%)
Si c'est B) Ben, c'est bien aussi. (probabilité 25%)
Si c'est C) Pfff. (probabilité 5%)
M'en fous un peu en fait. Le thème de cet article est un peu triste, mais je ne le suis pas. Je m'observe de l'extérieur – ça m'en touche une sans bouger l'autre.
Une référence Daho-esque se dissimule dans cet article. Saurez-vous le retrouver ?

Je reviens des vacances les plus reposantes et rajeunissantes de ma vie. Un truc simple, en France, à bas prix, pendant 5 jours. Du camping, même, ça faisait des lustres. Des vacances de glandus au bord de l'océan, des grasses matinées où se fait réveiller par la chaleur étouffante sous la tente, des petit-déjs au bar-tabac du coin avec le Sud-Ouest régional, balades en tongs jusqu'à la plage où les pétards se consument trop vite à cause du vent, et où le soleil tape plus fort qu'on ne le pense, toujours à cause du vent.
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